Sciences en liberté

En observant de plus près la vie des animaux qui nous accompagnent sur cette terre, certaines notions apparemment scientifiques paraissent incongrues. Il semble que l’on ait toujours cherché à tirer des énoncés normatifs à partir des descriptions de la nature et la science se confond avec une histoire beaucoup plus idéologique qu’on ne l’admet souvent.

C’est ce dont nous parlons, tous les deuxièmes lundis de chaque mois entre 18 heures et 19 heures 30 sur 89.4, Radio libertaire, la radio de la fédération anarchiste. Sciences en liberté, une émission animée depuis l’Anjou par Thierry Lodé, avec la complicité de Ciona et de Monique à Paris. Jingle original de Hicham Chahidi. Vous pouvez nous contacter en téléphonant au studio ou par l’email de l’émission. Quand Rabelais décoche son adage Science sans conscience n’est que ruine de l’âme, il avertit que la curiosité scientifique ne peut rien fonder sans un projet humain.

La biologie s’occupe de nous : nous allons nous occuper de la biologie.
2ème lundi du mois
18h00-19h30
Site de Sciences en liberté



Avant le 16 décembre 2023 l'enregistrement démarre 5 mn avant l'heure prévue du début de l'émission
Après le 16 décembre 2023 1 mn

Enregistrements disponibles
Date Programme
(s'il a été renseigné par l'émission)
10 juin 2024

Rediffusion de l’émission du 27 octobre 2014.
Les Poupées russes du vivant
Nous allons jouer à  la poupée. Oh je sais que c’est une activité que les fillettes branchées ont abandonné ! Mais pourtant la biologie nous y porte. Oui, la biologie fait émerger des poupées, le vivant se forme à  la manière des poupées russes.
Et nous allons voir qu’en étudiant le monde en poupées russes, encore une fois, c’est l’ensemble des idées de notre monde qui vont changer. Nous allons encore une fois comprendre que la transformation évolutive suit des processus étranges et qui ne correspondent pas avec les définitions orthodoxes des lois de l’évolution. À regarder de plus près comment se sont édifiés les organismes vivants, nous allons découvrir que cela remet radicalement en cause bien des idéologies rebattues et persévérantes sur les organismes, même sur le travail et le capitalisme...
Car s’il y a des chercheurs imprudents qui dissertent depuis bien des générations sur ce qu’est la vie, moi je vous le dis, la vie n’existe pas. Il n’y a en biologie que des poupées russes ! Et les différents emboîtements des êtres vivants nous révèlent une évolution fondamentalement libertaire...
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13 mai 2024

Rediffusion de l’émission du 22 septembre 2014.
Pas de sexe, non...
Après avoir jeté notre dévolu sur les mille et une façons de s’aimer et de se plaire entre animaux et dans l’évolution, après nous être roulés dans la fange libertine et évolutive des amours animales plurielles, aujourd’hui nous parlons de ce qui se fait sans le sexe.
Pas de sexe, vous avez bien entendu ? pas de sexe. Il ne s’agit pas d’une imprécation puritaine ni d’un commandement sectaire ! Non, il s’agit de ces animaux qui se reproduisent sans user de cet artifice ma foi bien intéressant que l’on nomme sexualité. Et en examinant ces espèces là, nous allons découvrir une autre manière de comprendre l’évolution...
Car il faut croire que ces attardés de l’évolution soient ou bien très primitifs ou bien très pudibonds pour ne pas utiliser ce que nous tous trouvons indispensable à notre vie émotionnelle et aventureuse, le sexe. Voilà soudain que le sexe, au lieu de constituer l’essence de notre animalité ne serait pas indispensable même à la reproduction ?
Comment est-il possible que des animaux se reproduisent sans activité sexuelle ? Nous allons aujourd’hui parler de ceux qui évitent cet affairement coupable pour nous rendre raison à la pudeur la plus extrême, ces animaux qui ne font pas de sexe... et ce que nous allons découvrir sera bien extraordinaire...
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08 avril 2024

À la recherche du noyau
Aucun doute. Il y a eu l’apparition des cellules et de la vie. Une lente émergence à  partir de molécules complexes qui se sont associées et, de ces molécules, ont mécaniquement émergé des êtres vivants. Seulement, ce fait remonte à  plus de 3 milliards d’années.
Les bactéries (Bacteria) ont germé sur la terre dès le début de l’histoire évolutive. Mais elles n’ont rien à  voir avec nous, rien.
Car à  côté des bactéries sont apparus des êtres vivants immenses et complexes, les eucaryotes, des organismes dont les cellules ont des noyaux cellulaires tandis que les bactéries n’en ont pas. Les eucaryotes, c’est l’ensemble des paramécies et des amibes, l’ensemble des champignons, l’ensemble des plantes et l’ensemble des animaux et nous avec ; nous sommes des eucaryotes. Autant dire que le succès de ces espèces est considérable. Il s’agit de la plus grande bifurcation de tous les temps : d’un côté les bactéries et de l’autre tous, nous mêmes et tous les eucaryotes ! Mais pourquoi disposons nous d’un noyau au sein de nos cellules, à  la différence des bactéries ? Et d’où vient-il ?
Mais nous allons voir qu’en comparant les bactéries et les eucaryotes, en examinant chaque détail, chaque structure, nous allons voir que l’énigme du noyau va introduire une stupéfiante explication.
Et il sera question de sexe...
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11 mars 2024

Rediffusion de l’émission du 24 mai 2014.
Les grandes invasions
Pendant des millénaires, les océans, les déserts et les montagnes ont constitué des obstacles majeurs, des barrières infranchissables pour des millions d’espèces. Mais voilà  aujourd’hui que des animaux inattendus, des plantes étrangères apparaissent çà et là  dans des lieux qu’elles n’avaient aucune chance de jamais coloniser. Des escargots asiatiques pillent les moules bretonnes, des abeilles africaines saccagent des fleurs brésiliennes, un crapaud de Colombie dévaste les forêts australiennes, des visons américains ravagent les truites auvergnates et des perches exotiques détruisent les grands lacs... À la manière des grandes invasions barbares, des phalanges d’espèces étrangères immigrent et accaparent dans nos contrées...
Mais que font tous ces intrus dans nos paysages ? Des intrus, est-ce assez dire ? Il n’y sont pas toujours venus seuls, car on a invité beaucoup d’espèces à  s’installer avant de les traiter d’indésirables... Quant aux autres, nous allons voir que ces envahisseurs de notre planète peuvent aussi nous enseigner bien des choses sur l’évolution et sur l’état de notre planète après le capitalisme...
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12 février 2024

Les grandes invasions
Rediffusion de l’émission du 26 mai 2014.
Pendant des millénaires, les océans, les déserts et les montagnes ont constitué des obstacles majeurs, des barrières infranchissables pour des millions d’espèces. Mais voilà  aujourd’hui que des animaux inattendus, des plantes étrangères apparaissent çà  et là  dans des lieux qu’elles n’avaient aucune chance de jamais coloniser. Des escargots asiatiques pillent les moules bretonnes, des abeilles africaines saccagent des fleurs brésiliennes, un crapaud de Colombie dévaste les forêts australiennes, des visons américains ravagent les truites auvergnates et des perches exotiques détruisent les grands lacs... À la manière des grandes invasions barbares, des phalanges d’espèces étrangères immigrent et accaparent dans nos contrées...
Mais que font tous ces intrus dans nos paysages ? Des intrus, est-ce assez dire ? Il n’y sont pas toujours venus seuls, car on a invité beaucoup d’espèces à  s’installer avant de les traiter d’indésirables... Quant aux autres, nous allons voir que ces envahisseurs de notre planète peuvent aussi nous enseigner bien des choses sur l’évolution et sur l’état de notre planète après le capitalisme...
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08 janvier 2024

Rediffusion de l’émission du 28 avril 2014.
Homosexualité : une nature sexuellement plurielle
Un monde poly-genre et poly-sexuel : c’est ainsi que Bruce Baghemil commence son ouvrage écrit en 1999 : « Biological exhuberance, animal homosexuality ».
Pourtant il était admis depuis longtemps que la reproduction était une chose trop sérieuse pour que les animaux s’égarent ainsi dans les affres d’une sexualité déjantée. Tous les animaux étaient tendus vers ce destin ultime, laisser le plus possible de leurs gènes à  une descendance ingrate.
Mais voilà , le cygne montre aussi toute l’apparence d’un vilain petit canard. Enfin pas si vilain en fait, plutôt ouvert l’animal. Car en y regardant de plus près, les couples de cygnes noirs associent bien souvent deux mâles ensemble, qui gèrent une couvée duveteuse aussi bien que d’autres... En fait, près d’un quart des cygnes noirs forment des couples homosexuels (Braithwaite 1980). Et si cela s’arrêtait là , il y aurait encore de l’espoir pour tenir le couple monogame hétéro-normé comme une chose indispensable à  la survie, mais voilà  que de lézards en escargots, de lions en putois, les conduites homosexuelles s’expriment partout dans la nature. Plus de 1500 espèces dévoilent ces activités poly-sexuelles ou transgenres et c’est bien plutôt la monogamie hétéro-normée qui constitue une anomalie naturelle...
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11 décembre 2023

Rediffusion de l’émission du 24 mars 2014.
La vie sur Mars et ailleurs
Oyez, oyez ! En décembre 2013, la sonde américaine Curiosity a décelé à  la surface de la planète Mars des dépôts géologiques établissant l’existence de ce qui fut autrefois une étendue d’eau douce ! Cette annonce fracassante est le fruit du labeur de Curiosity qui succéda à  Mars Pathfinder, Phoenix, Spirit, puis Opportunity avec comme découverte stupéfiante : « Mars a été habitable dans le passé ». Habitable mais pas habitée ! Et puis, il y eut la détection d’une faune marine originale sous le pôle sud de la terre et qui pourrait donner un aperçu de la vie sur Europe, une des lunes glacées de Jupiter..., bien que ces organismes soient indubitablement apparentés aux formes plus communes...
En fait, l’exobiologie pose le problème de ce que sont les êtres vivants et ce qu’est l’évolution biologique des formes de vie... Mais en refusant la promesse de fuir notre monde épuisé pour en espérer un autre, artificiel, toujours entre les mains des marchands, de l’industrie et de leur police, nous découvrons que la seule solution est libertaire !
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13 novembre 2023

Rediffusion de l’émission du 24 février 2014.
Communiquer, communiquer, il en reste toujours quelque chose ?
Il faut communiquer nous dit-on. S’il est bien un fait essentiel dans nos sociétés, ce serait l’ampleur de ce qui est consacré à  parler, à  informer, à  communiquer. Depuis l’intimité du couple jusqu’au discours politique, la communication parait le plus important mécanisme des relations humaines. Pourtant au fur et à  mesure que partout bruisse ce bavardage permanent, le contenu, le fond de la parole parait de plus en plus superficiel, voire suspect. Plus la communication s’étend, plus chacun s’enferme dans le silence. Il n’y a qu’à  regarder les gens qui marchent dans la rue, leur assourdissant silence, comme disait Camus, est largement dépassé par le bavardage incessant des marchandises. Et avec les écoles et les spécialistes, il semble que la communication soit définitivement un acquis du pouvoir, des marchands et des États...
Pourtant, il n’existe pas d’êtres vivants sur cette planète qui n’ait pas quelque chose à  raconter. Les animaux parlent, n’en déplaise à  Pascal qui ne voyait que leur silence. Les êtres vivants se bousculent dans un art délicat de la communication non verbale...
Alors, à  petits pas, nous allons essayer de décrypter cette affaire dans ce premier volet consacré à  la communication animale, biologique. D’où vient le sens ? Pourquoi le bruit de nos paroles résonne-t-il si fort ? Pourquoi communique-t-on ?
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09 octobre 2023

Rediffusion de l’émission du 27 janvier 2014.
Dominants, dominés, la hiérarchie animale serait-elle naturelle ?
« Le pouvoir est maudit, c’est pour cela que je suis anarchiste » disait Louise Michel... Qu’elle est belle cette utopie d’un monde sans rapports de domination, mais la hiérarchie est naturelle, répètent sans cesse les zélateurs du pouvoir.
Alors, pourquoi vouloir changer, il y aura toujours des leaders, des dominés nous dit-on...
À regarder les gorilles, il n’est guère de doute : le grand mâle à  dos argenté est un dominant ! Voilà  donc une catégorie qu’on trouve apparemment dans la nature, depuis la hiérarchie de la basse-cour et jusqu’au repas de loups, les animaux incorporent les relations dominants-dominés comme une relation biologique. Et si la hiérarchie existe dans la nature, c’est bien qu’elle serait naturelle. En fait, avant toute analyse, il semble qu’il est toujours présupposé que les rapports de domination aurait une fonction essentielle : maintenir la structure des communautés, maintenir la vie sociale.
Il n’existe d’ailleurs aucun doute chez bien des naturalistes qui ont observé les comportements animaux, les dominants dominent, les dominés souffrent et la nature est cruelle...
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11 septembre 2023

Rediffusion de l’émission du 25 novembre 2013.
Les pattes ne sont pas faites pour marcher, l’exaptation...
Dans la forêt primitive, le plus grand, peut être le plus beau des fauves est le léopard. Certes la fourrure du léopard traduit un jeu d’ombres et de lumières tellement fantastique qu’on imagine se dessiner le croc qui arrive, le regard vigilant et tout le corps tendu vers la proie. Mais comment le léopard a-t-il obtenu les taches de son pelage ? Il s’est adapté, direz-vous ? La notion d’adaptation est au cœur de la théorie de l’évolution depuis Lamarck, et l’adaptation des organismes est reconnue comme résultat de la sélection naturelle énoncée par Charles Darwin.
Pourtant, « L’adaptation est une effrayante question. Une adaptation est en réalité la solution d’un problème, exactement comme une machine ou un outil fabriqués par l’homme » dit Cuénot dans L’Adaptation (1925) : Reconnaître les adaptations de la nature en tant que faits biologiques n’est pas très difficile : c’est question d’observations ou d’expériences bien conduites ; mais ensuite l’esprit demande impérieusement à comprendre le mécanisme par lequel les êtres vivants ont été pourvus de ces adaptations.
La trompe de l’éléphant constitue-t-elle une adaptation et à quoi ? L’adaptation signifie-t-elle meilleure aptitude ? On se retrouve prisonnier dans une hypothèse du progrès évolutif, cette même conception du vivant qui autorise un rangement du plus simple au plus perfectionné. Mais non, nous allons voir que l’adaptation n’est jamais une amélioration des procédures organiques...
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14 août 2023

Rediffusion de l’émission du 28 octobre 2013.
Les femmes sont-elles néfastes à la biologie ?
Invitée : Elisabeth Rat, présidente du planning Familial du Maine-et-Loire, chercheur scientifique.
Il existe dans le corps humain, 23 paires de chromosomes, dont une paire se distingue par son dimorphisme. L’un parait un chromosome d’une taille ordinaire, c’est le X, l’autre, le Y est si minuscule qu’on l’a nommé chromosome accessoire.
Or, s’il est bien un fait amusant, c’est que cette petite chose accessoire est précisément le chromosome qui contribue à édifier un corps masculin. Voilà bien l’humour de la biologie. À y regarder de plus près, la femme passait donc du statut réglementaire de simple dérivée d’une excroissance osseuse, la côte d’Adam, pour devenir alors le fondement essentiel du corps vivant. La femme constitue le corps fondamental, l’homme le corps modifié par son sexe. Après des siècles de calomnies sexistes, le chromosome X prenait enfin sa revanche.
Et comme l’humour se nourrit de ses additions, une autre chose encore doit être observée. C’est que le rôle de ce qui rend si fier le zizi des garçons, ce petit bout de chromosome Y a été découvert par une femme. Titulaire du doctorat en 1903, l’américaine Nettie Maria Stevens mène ses recherches, qui en 1905, entraîne la découverte de la fonction du chromosome Y dans la détermination sexuelle des Tenebrio.
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10 juillet 2023

Rediffusion de l’émission du 23 septembre 2013.
Les infidélités de l’évolution.
À entendre les spécialistes, les animaux doivent batailler pour se reproduire, pour laisser leurs gènes à une descendance ingrate et querelleuse. Il faut donc se reproduire et toute la nature contiendrait cette exigence. Le sexe y apparaît comme utile puisque 95 % des animaux entament avec bonheur une reproduction sexuée. Mais voilà ! Il semble aussi que le sexe est une machinerie qui ne fait rien que compliquer les choses. Avec le sexe, les gènes se divisent en deux, les spermatozoïdes se multiplient bien que la plupart sont jetés inutilement à une disparition terrible, les ovules se coupent en quatre pour en rejeter trois et même les partenaires sexuels sont obligés de parader, et souvent de se battre avant de s’accorder. Il faut avouer que pour assurer une descendance, le parcours parait bien plus difficile qu’on ne le croit. Encore que rien ne soit assuré quand on a séduit un partenaire, la reproduction connaît tant d’obstacles que la progéniture ne semble jamais sortie d’affaire !
Comment l’évolution peut elle miser tout l’avenir des espèces sur un procédé aussi coûteux et embrouillé ? S’il faut laisser ses gènes, pourquoi cela n’est-il pas plus simple dans la nature ? Cette grande énigme évolutive n’est pas la seule car en plus, il semble bien que plus les espèces sont haut placées dans l’échelle de l’évolution, et moins elles ne font de descendants ! Voilà bien un mystère que la biologie parait méconnaître ! Alors, le sexe sert-il à se reproduire ou est-il le témoin d’une autre aventure de la biologie ?
Pour en savoir plus : Pourquoi les animaux trichent et se trompent ? par Thierry Lodé aux éditions Odile Jacob.
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