Trous Noirs Multi-thématique, elle s’est construite depuis novembre 2008 et chaque émission appartient à l’une des sept rubriques suivantes :
Terre et Liberté cultures, luttes, alternatives des peuples sans État (et qui n’en souhaitent pas)
Sous les pavés… la terre cultures, luttes, alternatives paysannes
Luttes sociales témoignages d’acteurs des mouvements sociaux partout dens le monde
Terre et radioactivité vie sur la planète mise en danger par une société nucléarisée
Tranches de vie parcours sociaux, culturels, politiques de ceux qui disent NON
Anarchie et anarchistes ils existent… et y en a bien plus qu’un sur cent
Liberthèmes thèmes libres et libertaires
Luttes sociales
Hebdomadaire, le lundi
16h00-18h00
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Date Programme
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28 novembre 2022

Nader, compagnon anarchiste d’origine iranienne, est notre invité. Il donne des informations sur l’énorme mouvement social qu’une répression féroce n’arrive pas à stopper.
La mort le 16 septembre, après 3 jours de coma suite aux coups infligés par la police, de Mahsa Amini, jeune femme kurde de 22 ans, a enclenché des manifestations partant de sa ville kurde natale, Saghez, puis s’étendant dans tout le pays. Pendant ses obsèques, le slogan kurde « Femme, Vie, Liberté » a été partout repris, en persan, turc, arabe : il vient des femmes du Rojava combattant Daech.
L’étendue géographique et sociale est sans précédent depuis la révolution de 1979 : les femmes, principales initiatrices, ont rapidement été rejointes par des jeunes, des ouvriers, des syndicats clandestins... Les actions menées simultanément dans plusieurs quartiers et différentes villes compliquent l’action des forces de répression (tirs à balles réelles, chasses à l’homme, arrestations massives) obligées de se disperser entre de nombreux lieux. L’injonction du guide suprême Khaménéi « Qu’on en finisse ! » n’est pas suivie d’effet.
Révolte ou révolution ?
Djaafar Azimzadeh, de l’« Union Libre des Ouvriers d’Iran », basée dans le pays mais interdite, écrit dans un article « Insurrection du peuple d’Iran, une grande Révolution historique » :
« Cette Révolution aura de gigantesques conséquences non seulement en Iran mais dans tout le Moyen-Orient et même dans le monde. C’est une Révolution pour les libertés et l’égalité. Cette Révolution est celle des femmes, des jeunes, des adolescents, des ouvriers, des enseignants et des écoliers de l’ère informatique et d’échanges d’informations mondiales ».
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21 novembre 2022

Alain Gras, notre invité, s’intéresse à la socio-anthropologie des techniques. Il a récemment publié La servitude électrique, du rêve de liberté à la prison numérique.
Il s’intéresse à la question de l’énergie dans notre société thermo-industrielle : « Nous vivons aujourd’hui la fin de la période de grande abondance matérielle fondée sur des sources temporaires d’énergie concentrée et à bon marché ».
Le « Pacte Vert » européen nous promet pour 2050 une société « juste et prospère, dotée d’une économie moderne, efficace dans l’utilisation des ressources, leader mondial dans le domaine de  l’économie verte au cœur d’une croissance durable et inclusive » : la taxonomie verte inclut le gaz et l’énergie nucléaire.
Les politiciens et une partie des écologistes présentent l’électricité comme une « énergie propre » permettant la transition énergétique.
En réalité l’électricité est un « vecteur énergétique » qui transporte une énergie produite ailleurs : l’électrification du système énergétique, ainsi que la mobilité électrique vont générer la construction accélérée de centrales thermiques et nucléaires :
→ L’Agence internationale de l’énergie (AIE) dans Le Futur est électrique présente un scénario pour 2040 qui prévoit 950 millions de véhicules électriques et l’augmentation de 50 % de la production de centrales à combustible fossile ou nucléaire.
→ La Chine prévoit la construction d’un énorme parc de centrales à charbon pour alimenter ses « autoroutes de l’électricité » et projette d’être le leader mondial des véhicules électriques.
Alain Gras nous invite à réfléchir et agir pour la sobriété énergétique dans un « monde post-croissant et post-fossile » empreint de « justice écologique et sociale ».
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14 novembre 2022

Campagne contre la guerre et le militarisme
La résilience nouvelle religion d’État : on ne s’attaque pas aux causes d’un désastre, on en absorbe les conséquences et les intègre dans notre mode de vie. La fatalité de leur déclenchement doit nous amener à se préparer au pire sans jamais se révolter contre ses raisons.
Ce concept a fait florès dans certains milieux écologistes - depuis les effondristes jusqu’au capitalisme vert - prétendant notamment sauver le climat grâce à l’énergie nucléaire, avant que le gouvernement ne s’en fasse le principal promoteur :
→ Intervention de l’armée contre la Covid, baptisée « Résilience »,
→ loi « Climat et résilience »,
→ mission parlementaire sur la résilience nationale,
→ « Plan de résilience économique et sociale » dans le contexte de la guerre en Ukraine,
→ « Journée nationale de la résilience » le 13 octobre.
La grande Muette est en première ligne, notamment dans le texte « Force des armées et résilience de la communauté militaire ». C’est un membre de la commission de la Défense nationale, Thomas Gassilloud, qui a présenté le rapport de la mission parlementaire « Engagement et résilience de la nation » dans lequel est affirmé la nécessité « d’envisager les chocs de toute nature auxquels le pays doit se préparer et d’éduquer les citoyens à être des bons soldats au service d’une défense totale de la nation ». Pour contribuer à la résilience nationale, il faut « des hommes et des femmes susceptibles d’intervenir en première ligne en cas de crise grave ».
Sont préconisés le port de l’uniforme dans les écoles et la généralisation du Service national universel, objectif affiché du Ministre de la défense, Serge Lecornu, afin de préparer un « peuple résilient face aux nouvelles menaces sur la sécurité ».
Nous recevons Thierry Ribault, qui analyse cette technologie du consentement dans son ouvrage Contre la résilience à Fukushima et ailleurs.
Ne nous résilions pas, agissons !
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07 novembre 2022

Le récent livre de notre invité Nedjib Sidi Moussa, Histoire algérienne de la France, se termine par une pensée « pour tous les réfractaires qui, de Dunkerque à Tamanrasset, brûlent les frontières que d’autres s’acharnent à défendre, au nom de l’identité, du nationalisme, de la race ou de la religion. »
Il constate que « l’histoire coloniale fait l’objet de représentations fantasmées » alors que le rapport à l’Algérie demeure une question centrale mais la plupart du temps souterraine. Mais dans des moments de crise, ce qui était refoulé revient à la surface des deux côtés de la Méditerranée.
Il analyse les réactions dans tout le spectre politique à l’occasion de sept événements :
- coup d’État amenant le colonel Boumédiène au pouvoir (juin 1965),
- enlèvement au Canada de Dalila Maschino par son frère pour la marier de force en Algérie (juin 1978),
- « Marche pour l’égalité et contre le racisme » (fin 1983),
- procès de Klaus Barbie à Lyon (mai 1987),
- match de football France-Algérie au Stade de France (Seine-St-Denis, octobre 2001),
- tentative de « conciliation » avec les islamistes à Rome (janvier 1995),
- Affaire Kamel Daood, écrivain connu internationalement et journaliste à Oran (début 2016).
Par ce livre, Nedjib Sidi Moussa souhaite éviter l’entre-soi et s’adresser au plus grand nombre car « pour comprendre la France contemporaine il est nécessaire de se confronter, enfin, à la question algérienne ».
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31 octobre 2022

Nadia Genet, réalisatrice d’Aimer la vie, confie qu’« en filmant Hellyette Bess et ses amis, j’ai revisité ce pays formidable et déroutant qu’est la vie ».
Nadia découvre la vie alors qu’Elvis Presley va la quitter : « Je nais punk et bourbonnaise de parents algériens ».
Partie à Londres à l’adolescence s’imbiber de musique, elle photographie des musiciens de rue, organise des concerts, crée une émission de radio. Elle adhère à Amnesty International : « L’application de la peine de mort aux États-Unis m’empêche de dormir ».
Partie à Paris s’imprégner de théâtre, elle le pratique en prison, monte un atelier théâtre pour des détenus mineurs, « découvre la radicalité urbaine ».
Partie à Marie-Galante aux Antilles s’imprégner de culture caribéenne, elle apprend à parler créole, travaille pour le Salon du livre de la Guadeloupe, photographie la terre de la canne à sucre, « découvre cette histoire française plus noire que ses esclaves ».
Partie dans le ciel visiter la planète, elle photographie ses singularités aux différentes escales. Elle est « heurtée par le désespoir d’une région à la dérive à l’est du Tchad » : ses photographies de de Dar Sila, exposées au Musée national de N’Djamena, illustrent les graves problèmes que vivent ses habitants (eau, santé, éducation, conflits militaires).
Atterrie à Paris après avoir quitté son métier d’hôtesse de l’air, elle se forme au film documentaire, achète une caméra avec sa prime de licenciement.
Elle rencontre Hellyette et met en images un film qui « parle de politique autrement, à l’endroit du cœur, dans le rapport à la vie ».
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24 octobre 2022

Campagne contre toutes les guerres
En Ukraine comme ailleurs, la guerre est un crime.
L’« opération spéciale » qui devait durer quelques semaines s’installe pour longtemps.
Les troupes russes, mal préparées, attendent l’hiver pour endiguer les contre-offensives ukrainiennes et avoir le temps de former les 300 000 conscrits appelés en renfort, venus souvent des zones déshéritées de Russie.
Les bombardements et attaques de missiles visent les populations civiles et les infrastructures ukrainiennes (production d’énergie, barrages...).
Le commerce des armes bat son plein et les « marchands de canons » se frottent les mains.
Les sanctions économiques n’ont pas toujours les résultats escomptés : les superprofits liés à la hausse vertigineuse du pétrole et du gaz enrichissent les entreprises du secteur... et permettent à la Russie de contribuer à payer sa guerre d’agression. Elles ne concernent pas l’énergie nucléaire, puisque les accords franco-russes entre Framatome et Rosatom (combustibles, systèmes de contrôle, déchets) continuent de plus belle.
Notre invité Jean-Marc Royer aborde tous ces aspects d’une réalité qui aura des conséquences déterminantes.
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17 octobre 2022

Depuis quelques années des centaines d’épiceries gérées collectivement se sont ouvertes pour répondre à des motivations diverses : disparition de commerces en zone rurale, sortie de la grande distribution, accès à des produits bio meilleur marché sans intermédiaire, développement de lien social à travers une activité collective ouverte à tous...
Différents modèles se sont mis en place pour répondre à ces envies : épiceries associatives, supermarchés coopératifs, Épi (« Épicerie participative intégrale »), coopératives alimentaires autogérées. Le supermarché parisien « La Louve », inspiré d’un exemple américain et repris dans quelques grandes villes, a été largement médiatisé. Il nécessite l’emploi de salariés et donc d’une marge renchérissant les produits.
D’autres projets, de taille plus modeste, permettent parfois de se passer d’une main d’œuvre souvent mal payée et exploitée, et pratiquent ainsi des prix permettant un accès plus large aux produits de qualité.
Cependant le fonctionnement interne et la gouvernance du collectif reproduit le plus souvent le modèle classique (présidence, bureau, AG, vote, majorité/minorité) qui donne le pouvoir à quelques-uns, plus « motivés », plus « experts », plus « dévoués »...
Les coopératives alimentaires autogérées, crées sous l’impulsion des trois Diony-Coop de Saint-Denis, propagent un modèle très simple basé sur la confiance entre coopérateurs, où chacun a la liberté d’expérimenter et où la responsabilité individuelle conduit à l’intelligence collective. Ces espaces permettent une pratique concrète d’éducation populaire et d’autogestion.
Jean-Claude, notre invité, a participé depuis l’origine à leur développement et à la création de la Fédé-Coop qui les coordonne. Il est l’auteur du récent ouvrage Les consommateurs ouvrent leurs épiceries – Épi, épicerie associative, supermarché coopératif, coopérative alimentaire autogérée – Quel modèle choisir pour votre ville ou votre village ?
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10 octobre 2022

Campagne contre toutes les guerres
En Ukraine comme ailleurs, la guerre est un crime.
Notre invité, Bernard Baissat est membre de la section française de l’Internationale des résistants à la guerre (IRG), l’Union Pacifiste, qui déclarait dans un communiqué du 24 février, jour de l’annonce du lancement de l’opération militaire spéciale par Poutine : « En n’agissant pas pour abolir l’armée, ou pour le désarmement, les citoyens cautionnent les crimes de masse ».
La Fédération anarchiste « depuis toujours hostile au bellicisme et à la militarisation », dans une motion adoptée à son dernier congrès , rappelait de son côté :
« Ce n’est pas parce que la guerre nous est rendue particulièrement visible en Ukraine qu’elle a disparu dans le monde », « les guerres justifient pour les États l’augmentation des budgets militaires au détriment des budgets sociaux. Elles accélèrent la militarisation accrue des sociétés, par ailleurs déjà soumises à des répressions de plus en plus brutales. Les armes qui sont produites se retournent toujours contre nous. »
Attisant un climat de peur, le ministre des armées Sébastien Lecornu affirme que « face à la menace, la sécurité doit devenir un enjeu collectif » et souligne « le rôle crucial du Service national universel : comment prendre une classe d’âge et la préparer à tous ces risques ? ».
Depuis 2019, le collectif « NON au SNU », dont font notamment partie l’Union Pacifiste, la Fédération anarchiste, Radio Libertaire, s’oppose à cette « militarisation des esprits » qui vise à terme une classe d’âge de 800 000 adolescents par an.
Nous échangeons avec Bernard Baissat sur ces divers aspects d’une actualité guerrière qu’il est absolument nécessaire de combattre.
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03 octobre 2022

Nous recevons Nadia Genet pour Aimer La Vie, film de 2021 consacré à Helyette Bess :
À 91 ans, Hellyette Bess est une militante libertaire toujours active. Nadia Genet chemine avec elle et nous fait découvrir sa vision humaniste. À travers son histoire et celle de ses camarades de route, on perçoit la générosité d’une femme modeste, cultivée, complexe, animée par l’amitié, la générosité, la fidélité à ses principes de vie. Sur ses pas, on croise les destins de Georges Ibrahim Abdallah (militant communiste libanais, prisonnier en France depuis 1984) ou encore de Jean-Marc Rouillan (Action Directe), qu’Hellyette a régulièrement visité en prison, quelques soient les divergences politiques, explorant sans cesse les multiples nuances de couleurs qui composent le drapeau noir de l’anarchisme.
Un extrait du film ici : https://www.lesfilmsdici.fr/fr/en-production/5219-aimer-la-vie.html.
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26 septembre 2022

Depuis très longtemps on fabrique des religions un peu partout dans le monde. Jean-Manuel Traimond, notre invité, dans Comment fabriquer une religion s’attache à décrire quels sont les éléments religieux, les méthodes et outils qui permettent d’en faire un produit consommable.
Il expose comment sont utilisés, s’emboîtant telles des poupées russes, croyances individuelles, dogmes, doctrines, rites, liturgie et institutions de toute nature (clergés, synodes, conciles, groupes de fidèles, groupes de jeunes, écoles, universités...).
Le vocabulaire utilisé dans le livre est souvent celui du monde des affaires car « la religion comme le négoce visent à capter l’attention du plus grand nombre », et aussi à faire du profit. Le dernier chapitre traite d’ailleurs en détail du « réseau de vente et du marché ».
Sa conclusion, intitulée « La recette », synthétise l’essentiel de l’ouvrage, autant de conseils pour tout lecteur souhaitant le mettre en pratique.
Ses derniers mots : « Allez, au travail ! ».
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19 septembre 2022

Dans un livre à paraître, notre invité Jean-Marc Royer analyse en quoi nous vivons « un moment historique déterminant » et dans quelle mesure « un désastre civilisationnel est en marche ».
Il explique en détail comment « la contre-révolution internationale du néolibéralisme » s’est développée en Angleterre, en Allemagne, en Italie et en France. Cette remise en cause systématique des acquis sociaux issus des luttes antérieures, ainsi que la déconstruction systématique des liens sociaux risquent d’engendrer « des régressions dans la manière de vivre, de penser, d’imaginer et de résister ».
Pour atteindre ces objectifs, le capitalisme a besoin de l’État, « principal destructeur de toute forme de salaire différé et organisateur de la privatisation des services publics ». Son rôle régalien (Police, Armée, Justice) est essentiel afin de prévenir et réprimer les révoltes sociales, installant ainsi un « totalitarisme démocratique », dont les Gilets Jaunes ont pu apercevoir le vrai visage.

Mais l’offensive néolibérale n’a pas mis de côté les impérialismes, dont l’Ukraine est un épisode.
Après avoir longtemps ignoré ces guerres qui se déroulaient « au loin » (bien que par exemple le Kosovo était à nos portes), les Européens se sentent plus concernés par ce qui se passe dans ce pays.
Cette guerre d’agression, qui fait de nombreuses victimes civiles, est appelée à durer et peut avoir des conséquences importantes dans de nombreux domaines : économie, énergie, nucléaire civil et militaire, armement, politique...
Jean-Marc Royer nous engage à tenter de les comprendre et de les analyser.
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12 septembre 2022

« Comprendre le monde et agir » n’est pas le but de l’éducation que dispense l’État. Mais, depuis le 19ème siècle, une partie du mouvement des universités populaires s’y intéresse.
Aujourd’hui celle de Roubaix, par exemple, souhaite « ouvrir un espace démocratique autour de la réflexion sur les enjeux de notre société, tout en voulant redynamiser l’idée que l’avenir est ouvert par l’émancipation et la transformation sociale ».
Quelle que soit l’époque, on retrouve des constantes : accès à tous, gratuité, visée émancipatrice. Mais, alors qu’à l’origine une partie de la population à l’écart de l’instruction publique se sentait concernée, aujourd’hui ce n’est pas le cas : les « moins instruits » sont les moins demandeurs et la majorité des participants appartiennent aux « classes moyennes ».
La diversité actuelle des universités populaires correspond à des projets distincts : fournir des savoirs et des savoir-faire complémentaires à l’enseignement public (rattrapage ou éducation permanente) ou créer un enseignement alternatif au réseau officiel, dans lequel des anarchistes se sont investis avec d’autres.
Donner des instruments pour réfléchir, échanger des arguments et expériences, permettent ainsi à une université populaire de se placer dans une logique d’émancipation individuelle et collective ouvrant une perspective de transformation sociale.
Nos deux invités pour échanger sur tous ces aspects :
Annick Stevens philosophe, fondatrice et coordinatrice de l’Université Populaire de Marseille depuis 2013 et Hugues Lenoir, enseignant-chercheur en sciences de l’éducation, auteur notamment des ouvrages Pour l’éducation populaire et Autogestion pédagogique et éducation populaire.
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05 septembre 2022

En 1970, les Éditions 10/18 publient dans un format poche L’increvable anarchisme. L’intérêt de nombreux « soixante-huitards » pour les pratiques et propositions anarchistes en firent un succès de librairie.
Son auteur Luis Mercier-Vega, insoumis au service militaire, s’est engagé dans la colonne Durruti pendant la révolution espagnole avant de participer à la fondation d’une minorité dans la CGT, le « Cercle syndicaliste de lutte de classe ». Il rappelle qu’« une série de mouvements sociaux, de phénomènes révolutionnaires, présentent des caractéristiques libertaires évidentes ».
Notre invité, l’historien Sylvain Boulouque, l’ayant lu une quinzaine d’années plus tard, en fait un des ses « souvenirs livresques les plus forts ». Quelques autres ouvrages, tels La Révolution inconnue de Voline et Le Mythe bolchevik d’Alexandre Berkman, lui ont donné l’envie de mieux connaître et faire connaître le mouvement anarchiste en France : après notamment Les Anarchistes : ni Dieu ni maître !, il vient de faire paraître Le peuple du drapeau noir – Une histoire des anarchistes.
Cette vaste fresque permet de croiser de multiples figures de l’anarchisme et de comprendre « comment se sont transmises et transformées l’idée et les pratiques libertaires », notamment à travers des événements historiques tels la Commune, l’affaire Dreyfus, la révolution russe, les grèves de mai-juin 1936, la révolution espagnole, Mai 68, mais aussi les deux guerres mondiales.
Il conclut qu’en dépit des profondes évolutions qui en ont résulté les libertaires d’aujourd’hui « ressemblent à leurs aînés ».
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29 août 2022

Rediffusion de l’émission du 20 février 2017 :
La filière nucléaire n’en finit pas de nous léguer ses déchets. Leur avenir est irradieux puisque leur « demi-vie », activité réduite de moitié, va de 30 ans pour le césium 137, à de plus de 2 millions d’années pour le neptunium 237, qui nous enterrera tous. Ce sont les 80 habitants de Bure dans la Meuse qui seront les « gardiens de la Terre », ou plutôt leurs dizaines de milliers de générations futures. Ils vivront et mourront à côté de 100 000 mètres cubes de déchets radioactifs enfouis à 500 mètres sous terre. Plusieurs participants à la résistance sur place témoignent de leurs luttes et des alternatives pour développer des activités locales, dans une région choisie par l’État pour sa faible densité démographique.
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22 août 2022

Du 6 au 10 juillet les Reclusiennes à Sainte-Foy-la-Grande (lieu de naissance d’Élisée Reclus) avaient pour thème « Évadons-nous ».
Cette troisième émission permettra d’écouter trois interventions avec comme propos « S’évader de l’enfance » :
Anne Steiner : Les enfants fugueurs
Laetitia Rouchet : Émotions et apprentissages
Simona Tersigni : Enfants migrants, travail ou école
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15 août 2022

Salman Rushdie, sous le coup d’une fatwa depuis 1989 à la suite de la publication de son roman Les Versets sataniques, a été victime ce vendredi d’une tentative d’application de la-dite fatwa. Ce fait divers nous rappelle que les religions tuent. Toutes sont à combattre.
Nous rediffusons aujourd’hui l’émission du 12 mars 2018 :
Dans son livre La fabrique du musulman – Essai sur la confessionnalisation et la racialisation de la question sociale, Nedjib Sidi Moussa, dʼorigine algérienne, analyse la propagation dʼune fièvre identitaire brouillant les clivages économiques et sociaux. Les obsessions religieuses ou raciales touchent toutes les chapelles depuis lʼextrême-droite jusquʼà la « gauche de la gauche » évoquant parfois la notion fumeuse de « race sociale ». Des universitaires, des intellectuels, des politiques signent des appels pour le « droit à la non-mixité » raciale. Il en serait donc fini de lʼuniversalisme et de lʼinternationalisme ! Ce sujet particulièrement préoccupant sera co-animé avec Mohamed, animateur de l’émission de Radio Libertaire, La société dans tous ses états.
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08 août 2022

Hiroshima 6 août 1945 8 H 16 : « Little boy », Nagasaki 9 août 1945 11 H 02 : « Fat Man » : ces deux bombes atomiques testent « in vivo » l’apothéose de la collaboration dans le projet Manhattan de scientifiques, militaires, politiques et dirigeants de grands groupes industriels, lancé le 9 octobre 1941 par le président Franklin Roosevelt.
Pour se rappeler cet immense crime contre l’humanité, resté impuni, nous repassons une émission du 7 juin 2021 sur le docteur Hida, médecin japonais qui a soigné les victimes d’Hiroshima et, soixante-six ans plus tard, de Fukushima :
Le docteur Hida est un médecin japonais, mort centenaire en 2017, qui a consacré l’essentiel de sa vie à soigner et accompagner les victimes du nucléaire, qu’il soit « militaire » ou « civil ».
Jeune praticien de 28 ans, il était dans un village tout près d’Hiroshima le 6 août 1945, lorsque Little Boy est largué par l’équipage d’Enola Gay (nom de la mère du pilote). Hiroshima (« L’Île large ») avait été choisie pour tester les effets de la bombe car épargnée jusque-là par les bombardements alliés. Les résultats ont enthousiasmé le président américain Truman, déclarant le 7 août : « Nous remercions Dieu pour nous avoir donné cette arme et nous prions pour qu’il nous guide dans son usage ». Ainsi Dieu lui désigna les cobayes de Nagasaki pour la seconde bombe Fat man, deux jours plus tard.
Sa longue expérience de soutien aux Hibakusha (”hi” = ”affecté”, ”baku” = ”bombe”, ”sha” = ”personne”), considérés au japon comme des pestiférés, l’a amené soixante-six ans plus tard à  traiter et conseiller les victimes de l’« excursion nucléaire » de Fukushima (« L’Île du bonheur »).
Le docteur Hida rappelait que le « secret défense » entoure les effets de ces désastres, aussi bien pour l’explosion de la bombe atomique : « Les États-Unis voulaient à tout prix dissimuler la vérité sur les dommages causés par la bombe A, surtout l’effet de la radioactivité interne. La filière du nucléaire civil pouvait être menacée », que pour l’explosion de réacteurs : « Ça se passera comme à Hiroshima, Nagasaki et Tchernobyl, on ne saura jamais la vérité sur l’étendue des dommages ».
Nous recevons Marc Petitjean, qui a rencontré à  plusieurs reprises le docteur Hida au Japon, a écrit le livre Destin d’un homme remarquable – D’Hiroshima à Fukushima et réalisé deux documentaires Blessures atomiques et De Hiroshima à Fukushima.
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01 août 2022

Du 6 au 10 juillet les Reclusiennes à Sainte-Foy-la-Grande (lieu de naissance d’Élisée Reclus) avaient pour thème « Évadons-nous ».
Cette deuxième émission permettra d’écouter quatre interventions :
Olivier Clochard : Quelles alternatives à l’enfermement pour les migrants
Alexandre Corbin et Serge Bédère : La psychothérapie institutionnelle
Alain Giffard : Montmartre-Chatelaillon, les vacances du groupe anarchiste des Causeries populaires
Les Desert’heureuses : Déserter l’ingénierie
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25 juillet 2022

Rediffusion de l’émission du 4 avril 2022 :
Le modèle agricole productiviste et exportateur favorise l’utilisation de machines agricoles surpuissantes et high-tech, qui rendent l’agriculteur dépendant de l’ingénieur, du banquier, du numérique. Cette logique « techniciste » et industrielle en agriculture a un impact sur la destruction des communautés paysannes, l’environnement, l’aménagement du territoire, l’emploi rural, la santé, l’offre alimentaire.
Les paysans de la coopérative L’Atelier paysan analysent ainsi que la course aux investissements et à l’agrandissement des fermes, tournées vers les marchés globalisées et l’agro-industrie, est une aberration économique, écologique et un désastre humain.
Alors que scientifiques et équipementiers conçoivent des innovations techniques que les paysans doivent adopter, les contraignant au surendettement, L’Atelier paysan accompagne les agriculteurs pour définir ensemble et réaliser les outils de travail et les bâtiments dont ils ont réellement besoin : « Nous retrouvons collectivement une souveraineté technique, une autonomie par l’entraide et la réappropriation des savoirs et des savoir-faire, à rebours des technologies qui dépossèdent ». Ils préconisent la généralisation d’une agroécologie paysanne avec l’objectif d’un changement radical de modèle agricole et alimentaire.
Notre invité Emmanuel Aze, arboriculteur dans le Lot-et-Garonne, est un des auteurs du livre collectif de l’Atelier Paysan, qui se termine par : « Il nous reste à nous rassembler, à nous lever » pour Reprendre la terre aux machines, titre de l’ouvrage.
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18 juillet 2022

Du 6 au 10 juillet les Reclusiennes à Sainte-Foy-la-Grande (lieu de naissance d’Élisée Reclus) avaient pour thème « Évadons-nous ».
Cette première émission permettra d’écouter quatre interventions avec comme propos « S’évader des idées reçues » :
Catherine Witold de Wenden : Combattre les idées reçues sur l’immigration
Éric Chauvier : Les mots sans les choses
Annick Stevens : Libérer la philosophie de son carcan institutionnel
Patrick Moreno : Métavers, le paradis est l’enfer
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11 juillet 2022

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04 juillet 2022

L’équipe de Trous Noirs est en route pour les Reclusiennes. À bientôt avec de nouveaux enregistrements.
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27 juin 2022

Au début des années 1960, le polytechnicien Bernard Laponche entre au Commissariat à l’énergie atomique à Saclay et participe aux calculs des premiers réacteurs du modèle français, dont le rôle est de fournir du plutonium pour la fabrication de bombes atomiques : « J’étais pro-nucléaire par profession ».
En Mai 68, le centre de recherche de 8 000 personnes est autogéré : conseils élus par unité se coordonnent dans un « comité d’action » dont il est le secrétaire. Il anime des assemblées générales hebdomadaires de plus de 500 personnes : « C’est en mai 68 que les choses ont basculé dans ma vie. C’est de là que part mon initiation à la politique et le rôle militant dans mes activités au sein du syndicat CFDT du CEA ».
Il participe aux débuts du mouvement antinucléaire en France et s’oppose au Plan Messmer de mars 1974, qui lance la fabrication accélérée de nouveaux réacteurs, de conception américaine (licence Westinghouse).
Il quitte le CEA et s’investit dans le syndicalisme, alertant sur les dangers du nucléaire et la nécessité d’alternatives énergétiques.
Le succès d’une pétition nationale en 1979 contre le programme nucléaire du gouvernement donne un espoir de changement d’orientation, d’autant plus qu’il est signé par la CFDT, le PSU, le PS. Mitterrand en intègre une partie dans ses 100 propositions pour l’élection de 1981. Mais « en trois mois tous ses engagements sur le nucléaire avaient disparu » et le premier ministre Pierre Mauroy prononçait un « fantastique discours pronucléaire » à l’Assemblée nationale.
Sa conviction, qui ne fera que se renforcer, est que « le nucléaire est une question de pouvoir. L’État est miné de l’intérieur, une alliance de la haute administration et des dirigeants des grands organismes (CEA, EDF, Areva...) ».
« Le nucléaire est assimilé à La Marseillaise et au drapeau tricolore, on n’en discute pas ».
Partisan d’« une science soumise au contrôle citoyen », il participe activement à diverses associations telles Global Chance, Les Amis d’Enercoop, Énergie partagée.
« Bernard est devenu fou » disaient ses anciens collègues du CEA.
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20 juin 2022

LʼAn 02 : « Lʼavenir nʼest pas ce qui va se passer, mais ce que nous allons en faire »
Une plainte collective est menée par La Quadrature du Net contre la techno-police. Elle s’attaque au panoptique contemporain à base de vidéosurveillance robotisée, fichages systématiques et détection robotisée des comportements.
Ne pouvant organiser un direct assez rapidement, nous rediffusons l’émission du 25 mai 2020 :
Le coronavirus est un révélateur et un amplificateur des tendances du « monde dʼaujourdʼhui ». Ainsi, il nʼest pas surprenant que la principale réponse des États à une crise sanitaire soit sécuritaire. À travers les siècles, les épidémies sont des épisodes privilégiés dans la transformation et l’amplification du pouvoir d’État et la généralisation de nouvelles pratiques policières comme le fichage des populations. Quelques exemples :Australie : bracelets électroniques imposés aux personnes potentiellement infectées,Nouvelle-Zélande : plateforme de délation de la police pour signaler les entorses au confinement,Chine : caméras thermiques sur les casques des policiers pour repérer les personnes fiévreuses,Israël : croisement des métadonnées et des informations captées sur le réseaux télécoms pour attribuer un « score de contagiosité » de 1 à 10.Le « solutionnisme technologique » est privilégié : données de masse du « big data » brassées par des algorithmes new-look, « cités intelligentes » analysant les flux de vidéo-surveillance, données de géolocalisation des téléphones portables permettant le traçage des contacts (« backtracking »), reconnaissance faciale « bénéficiant à lʼordre public mais également à la gestion de maladies » (Cédric O, secrétaire dʼÉtat au numérique).Les considérations sanitaires aident à la prolifération de la surveillance biométrique : les GAFA sʼenthousiasment, lʼÉtat améliore ses armes pour prévenir les futures tentatives de révoltes sociales.Pour en parler : Martin Drago des associations Technopolice et La Quadrature du Net et Patrick du comité de rédaction du Monde Libertaire.
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13 juin 2022

Annie Thébaud-Mony est sociologue de la santé et du travail à l’Institut national de la santé et de la recherche médicale (Inserm). Nous l’avons reçue en début d’année pour son dernier livre Politiques assassines et lutte pour la santé au travail, dans lequel elle parle de sa longue expérience dans le soutien aux travailleurs des secteurs du nucléaire, de l’amiante, de la chimie...
En 1968, une première enquête au Brésil, sur l’éducation de base dans les favelas, la sensibilise aux transformations de la société brésilienne.
Puis un séjour de 3 ans au Sénégal lui permet de préparer une thèse de 3ème cycle : Étrangers à la France, étrangers à l’Afrique ; les adolescents français au Sénégal.
Une enquête d’une vingtaine de mois en Algérie l’oriente ensuite vers les inégalités en matière de soins et de santé, particulièrement pour les maladies respiratoires et la tuberculose.
Elle perfectionne ses connaissances en ce domaine en résidant 3 ans à New York, où elle participe à un réseau international de médecins, chercheurs, sociologues... et prépare une thèse d’État Besoins de santé et politique de santé où elle compare la situation des pays du Nord et du Sud en ce domaine.
C’est en 1980 qu’elle décide de mettre un terme à « douze ans de nomadisme », tout en continuant divers voyages, au Brésil notamment.
Cherchant une activité dans la recherche « ayant une utilité sociale », elle rentre à l’Inserm dans le secteur des maladies liées au travail, rejoint le collectif « Risque et maladies professionnelles » animé par Henri Pézerat. Elle souhaite « connaître le travail pour le transformer » et soutient divers groupes de travailleurs : « Nos recherches scientifiques devraient pouvoir servir de support à l’action contre les atteintes à la santé dans l’activité de travail, dans un contexte environnemental dominé par les risques industriels ». Elle participe à la création de deux « Groupements d’intérêt scientifique sur les cancers d’origine professionnelle ».
Toutes ces « tranches de vie » lui ont permis de rencontrer et aider de nombreux travailleurs, rapportant chaque fois « les histoires individuelles à une histoire collective », car pour elle, il est nécessaire de transformer les rapports de pouvoir à l’intérieur du travail et de la société.
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06 juin 2022

L’équipe de Trous Noirs est absente cette semaine. Rendez-vous le 13 juin.
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30 mai 2022

Le 5 avril, le couvre-feu a été décrété pour les 11 millions d’habitants de Lima et Callao, imposant « l’immobilisation sociale obligatoire pour toutes les personnes à domicile », la police et l’armée gardant les routes menant à la capitale. L’état d’urgence a été institué pour faire face à la colère sociale, les paysans et les routiers barrant les routes pour protester contre l’envolée des prix des engrais et des carburants.
Pourtant, en juin 2021, Pedro Castillo avait été élu président du Pérou, battant de 40 000 voix la candidate de la « droite dure » de « Fuerza popular » Keiko Fujimori, dont le père ex-président est en prison pour corruption et crime contre l’humanité. Le vainqueur, présenté par le parti d’extrême-gauche marxiste-léniniste « Perú libre », était porté par l’espoir d’un réel changement dans ce pays de très grande fracture sociale, de chômage et de misère accentués par la pandémie. Quelques mois plus tard, il est devenu adepte de l’« économie sociale de marché » et Veronika Mendoza, du parti de gauche « Juntos por el Perú », constate : « Le gouvernement a trahi ses promesses, il reproduit les méthodes de la droite : mépriser ceux qui se mobilisent, réprimer, criminaliser et restreindre les droits ».
Oscar Llanos, juste de retour d’un séjour dans son pays d’origine, nous parle de cette actualité et aussi de la renaissance actuelle de groupes anarchistes : son récent livre, Explotadores de la esperanza y est épuisé. Il est issu de sa thèse sur l’influence prépondérante du mouvement anarchiste dans le mouvement social péruvien jusqu’aux années 1930. Un de ses inspirateurs, Mario Gonzales Prada, déclarait : « Il n’y a pas de frontières entre les peuples, ni autels, ni trônes. Que les hommes soient amis et frères. Peuples du monde, brisez les épées, déchirez les drapeaux ».
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23 mai 2022

Voter, cʼest abdiquer !
En cette période électorale, nous rediffusons une émission d‘avril 2017 :
La « démocratie réelle » actuelle se présente sous la forme dʼun régime représentatif qui répond parfaitement aux besoins du capitalisme, mais satisfait de moins en moins la population. Dés les débuts de la remise en cause des tenants de la monarchie et de lʼaristocratie, les controverses sur ce quʼest une véritable démocratie ont été dʼautant plus vives quʼelles mettaient en jeu les intérêts de la bourgeoisie naissante. Aujourdʼhui le pouvoir sʼautonomise et sʼéloigne de plus en plus, depuis les communautés de communes jusquʼaux instances inter-gouvernementales. Face à cette véritable oligarchie, il ne reste à ceux qui se déplacent encore dans les isoloirs quʼà voter pour le « moins pire » ou à « faire barrage à ... ». Notre invité, Paul Boino, connaît parfaitement les (dis)fonctionnements de ce régime et des rouages de lʼÉtat, aussi bien dans son aspect historique quʼactuel.
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16 mai 2022

Ukraine : Poutine rêverait de « préserver l’âme russe » comme un nouveau tsar, un tsar fort et solitaire devant lequel tous s’inclinent.
Mais dans son ouvrage Les Russies inconnues, Rouss, Moscovie, Biélorussie, Ukraine et Empire russe Alexandre Skirda rappelait que cette « âme russe » représentait en fait la nostalgie des libertés originelles perdues.
Dès le dès le IXe siècle, la Russie actuelle et ses voisines Biélorussie et Ukraine constituent un ensemble slave homogène parsemé de cités indépendantes, telle la Rouss de Kiev, autogouvernées par le Vétché, mot issu de véchtchats (« parler ») et synonyme de « soviet » .
Après la conquête au XIIIe siècle de la région par les mongols, trois siècles plus tard Ivan le Terrible, le grand prince de Moscou, l’une des cités, se substitue au pouvoir du Grand Khan et, appuyé par l’Église, se proclame Tsar (« Caesar ») de toutes les Russies. Il conquiert un immense territoire (l’Eurasie) et asservit la population. En 1703, son descendant Pierre le Grand instaure l’Empire russe. Il étend la peine de mort à 200 cas, tandis qu’à l’origine elle n’existait pas, tout comme les tortures et châtiments corporels. Désormais la force est le pouvoir et l’État territorialise la société.
La nostalgie éprouvée par « Vladimir le Petit » va certainement vers cette période.
Pour notre part, l’espoir est que les peuples d’Ukraine, Russie et Biélorussie trouvent en eux les forces pour se débarrasser des autocrates et pour renouer avec les institutions de démocratie directe, telles le vetché dans les cités, et celles détruites par les bolcheviks, le mir dans les communautés paysannes et les soviets dans les usines.
Cette rediffusion d’une émission avec Alexandre Skirda, descendant de cosaques (« hommes libres ») zaporogues d’Ukraine, nous aide à mieux comprendre une réalité historique masquée par tous les « grands récits » patriotiques.
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09 mai 2022

Ukraine : Depuis longtemps, les armées russes sont accoutumées à intervenir hors de leurs frontières : Tchétchénie, Géorgie, Syrie, Azerbaïdjan, Kazakhstan. Poutine se vantait à propos de la Tchétchénie : « Nous trouverons les criminels où qu’ils soient dans le monde. Et nous les punirons. Le châtiment est inévitable ». Ainsi, les ruines des villes d’Alep et de Grozny, « ville la plus détruite sur terre », préfiguraient le sort des habitants de Marioupol.
De son côté, l’OTAN avait été créée en 1949, lors du blocus de Berlin, afin de « garder les Russes à l’extérieur, les États-Unis à l’intérieur et les Allemands sous tutelle ». La chute du « mur de Berlin » en 1989 inaugurait pour certains le triomphe du néo-libéralisme. La « réussite » de l’annexion de la RDA par la RFA semblait leur donner raison : le « Traité d’Union » de 1990 imposait « propriété privée, concurrence, liberté des prix, libre circulation des capitaux des biens et des services », entraînant la destruction de 2,5 millions d’emplois et une rapide diminution de 12 % de la population.
Mais ce n’était pas la « fin de l’Histoire » et n’empêcha pas les interventions de l’OTAN : Kosovo, Afghanistan, Libye, Syrie.
Dans cette lutte d’influence entre deux Empires, l’Ukraine est une région stratégique dont les habitants subissent la barbarie de la guerre actuelle. Situation sans précédent, elle se déroule dans un pays doté d’un large programme nucléaire.
Pour évoquer tous ces points, avec Nicolas nous recevons Jean-Marc Royer, déjà présent plusieurs fois dans notre studio.
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02 mai 2022

Énergie « verte » et « durable » pour l’Union européenne, le nucléaire aurait-il le vent en poupe, plus que l’éolien ?
Même l’actualité en Ukraine, où pour la première fois des centrales se retrouvent sur un terrain de guerre risquant d’interrompre le refroidissement du cœur des réacteurs, n’inquiète pas certains États qui projettent d’en construire pour éviter la dépendance au gaz russe.
Macron II prévoit ainsi 14 nouveaux EPR d’ici 2050, tout en projetant de porter la durée d’exploitation du parc actuel au-delà de 50 ans. Retards multiples, augmentations considérables des coûts sur les chantiers de Flamanville et Olkiluoto en Finlande, récentes fuites radioactives sur l’EPR de Taishan en Chine, n’ébranlent en rien son appui aux nucléocrates.
Quand aux déchets les plus radioactifs, particulièrement « durables », le projet Cigéo de « laboratoire » à Bure, destiné à les enfouir à 500 mètres sous terre, est dans la phase d’une affaire de DUP (Déclaration d’utilité publique), en attendant la fermeture finale, prévue en 2150.
Mais l’énergie liée à la fission nucléaire c’est du passé, l’avenir c’est l’Hydrogène, abondant et pas cher ! Il suffit, comme le soleil, de faire fusionner ses isotopes (deutérium et tritium) pour récupérer une énergie de phénoménale. Cependant il est nécessaire de créer un plasma de 150 millions de degrés dans une chambre de confinement magnétique. D’où le pharaonique projet ITER (Réacteur thermonucléaire expérimental international), financé par de nombreux pays, censé fournir plus d’énergie qu’il n’en consomme d’ici une trentaine d’années. Sur le gigantesque chantier, en cours d’installation à Cadarache, l’ASN (Autorité de sûreté nucléaire) a stoppé pour non-conformité l’assemblage des segments du réacteur, étape-clé et irréversible.
Pour évoquer toutes ces questions nous recevons Roland Desbordes qui participe depuis son origine aux diverses activités du laboratoire indépendant sur la radioactivité CRIIRAD, créé par un petit groupe d’habitants de la Drôme et de l’Ardèche après la catastrophe de Tchernobyl (1986).
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25 avril 2022

« Espagne années 70 »
En février dernier a eu lieu à Barcelone une grande exposition sur le thème « L’underground et la contre-culture en Catalogne dans les années 70 ».
Mireille Mercier et Daniel Pinos nous présentent leur reportage réalisé à cette occasion, autour de rencontres avec trois importants acteurs de la renaissance de mouvement libertaire à cette époque : Pepe Ribas de la revue libertaire et contre-culturelle Aloblanco, Manuel Aisa animateur de l’Ateneo Encyclopédico Popular de Barcelone et Francesc Boldú de la CNT, chevilles ouvrières des « Rencontres internationales des Journées libertaires de Barcelone » qui regroupèrent 500 000 personnes en juillet 1977.
L’utopie, l’enthousiasme et la créativité de toute une génération a bouleversé la Catalogne et remis en question l’austère régime franquiste, son immobilisme et sa répression. Elles réveillèrent l’esprit créatif, révolutionnaire et libertaire de toute une génération avec l’émergence des luttes ouvrières, des communautés, du féminisme, des luttes des homosexuelles, du psychédélisme, de l’antimilitarisme, l’écologie, la spiritualité, la musique, la poésie, les arts d’avant-garde, les bandes dessinées et les fanzines.
Le reportage est illustré par de nombreuses pages musicales : Pink Floyd, Nico, les Stones, mais aussi avec des groupes catalans de ces années de feu pour toute une partie de la jeunesse qui se libérait de la dictature.
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18 avril 2022

Le Pen Le Peuple : affiche de Jean-Marie pour les Présidentielles 1988, mais surtout récent livre de notre invité l’historien Sylvain Boulouque, qui présente les textes du militant syndicaliste révolutionnaire Julien Le Pen parus, de juin 1929 à février 1936, dans le « journal quotidien du syndicalisme » CGT Le Peuple.
Cette période est essentielle pour le mouvement ouvrier, qui doit affronter divisé les conséquences de la modernisation capitaliste et de la crise économique :
L’Internationale syndicale rouge (ISR), a encouragé depuis Moscou à la création de la CGTU en 1921. Les syndicalistes libertaires se sont partagés entre les partisans de Monatte qui s’y joignent et ceux qui espèrent reconstituer l’unité ouvrière autour de la CGT, tel Julien le Pen. Les pratiques bolcheviques dans la CGTU ont ensuite amené les partisans de Pierre Besnard à créer la CGT-SR (Syndicaliste révolutionnaire) en 1926.
La venue au pouvoir de Mussolini et Hitler, la tentative de coup de force fasciste du 6 février 1934 à Paris, amènent en 1936 à la réunification CGT-CGTU, les communistes en prenant rapidement la direction : « Nous rentrerons dans la CGT comme une pointe d’acier dans une motte de beurre », Pierre Sémard. En 1947, une nouvelle scission conduira à la création de Force ouvrière.
Julien Le Pen a régulièrement lutté contre l’intrusion des intérêts partidaires dans le mouvement ouvrier, source fatale de division, et défendait une conception du syndicalisme « déterminant en lui-même et par lui-même ses actions, ses orientations, pour triompher du capitalisme, des pouvoirs publics, réaliser l’émancipation du travail et des travailleurs ».
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11 avril 2022

Pour tenter de comprendre les origines, le déroulement et les conséquences de la guerre actuelle en Ukraine, il est nécessaire de connaître les interrelations entre géographie, histoire et politique dans cette région du monde.
Quel rôle jour sa situation particulière, entre la Russie et la Géorgie à l’est, la mer Noire, qui la relie à la Turquie et la Grèce au sud, la Roumanie, la Hongrie et la Pologne à l’Ouest, la Lituanie et la Biélorussie au nord ?
Quels souvenirs reste-t-il dans ce pays de la famine imposée par Staline qui fit plusieurs millions de morts en 1933 ?
Pourquoi les classes dirigeants des États post-soviétiques, issus de la nomenklatura, ont-ils choisi le néolibéralisme économique, l’autoritarisme politique, et l’adhésion à l’OTAN pour la plupart, dans les années qui ont suivi la chute du mur en 1989 ?
Doit-on être surpris de cette arrivée brutale de la guerre dans une Europe centrale qui a connu le démantèlement de la Yougoslavie en 1991, les bombardements de l’OTAN au Kosovo en 1999, les interventions de l’armée russe en Géorgie (Ossétie du sud) en 2008, en Tchétchénie fin 2014, en Syrie en 2015, en 2014 en Crimée et dans le Donbass ?
Poutine pouvait-il se contenter du retour dans sa zone d’influence de la Biélorussie en 2020 et du Kazakhstan en 2021, alors que son alliance avec Pékin et l’éloignement progressif américain d’Europe pour se concentrer sur son ennemi principal, la Chine, semblaient lui ouvrir des perspectives bien plus larges, appuyées sur plusieurs plans de modernisation de son armée ?
Sommes-nous entrés dans une nouvelle « guerre froide », se traduisant par la forte augmentation des budgets militaires, le renforcement du nationalisme et du rôle régalien des États ?
Comment les structures de l’économie mondiale capitaliste vont-elles se transformer, particulièrement dans les domaines de l’énergie et des ressources alimentaires, avec des conséquences dramatiques dans certains pays, particulièrement pour les plus pauvres ?
Comment les anarchistes de divers pays du monde peuvent-ils participer à développer les positions anti-guerre, anticapitalistes, antiautoritaires et internationalistes ?

Sur tous ces point nous échangeons avec Nicolas Trifon, collaborateur du « Courrier des Balkans », animateur d’Iztok, revue libertaire sur les pays de l’Est de 1979 à 1991, et Philippe Pelletier, géographe anarchiste.
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04 avril 2022

Le modèle agricole productiviste et exportateur favorise l’utilisation de machines agricoles surpuissantes et high-tech, qui rendent l’agriculteur dépendant de l’ingénieur, du banquier, du numérique. Cette logique « techniciste » et industrielle en agriculture a un impact sur la destruction des communautés paysannes, l’environnement, l’aménagement du territoire, l’emploi rural, la santé, l’offre alimentaire.
Les paysans de la coopérative L’Atelier paysan analysent ainsi que la course aux investissements et à l’agrandissement des fermes, tournées vers les marchés globalisées et l’agro-industrie, est une aberration économique, écologique et un désastre humain.
Alors que scientifiques et équipementiers conçoivent des innovations techniques que les paysans doivent adopter, les contraignant au surendettement, L’Atelier paysan accompagne les agriculteurs pour définir ensemble et réaliser les outils de travail et les bâtiments dont ils ont réellement besoin : « Nous retrouvons collectivement une souveraineté technique, une autonomie par l’entraide et la réappropriation des savoirs et des savoir-faire, à rebours des technologies qui dépossèdent ». Ils préconisent la généralisation d’une agroécologie paysanne avec l’objectif d’un changement radical de modèle agricole et alimentaire.
Notre invité Emmanuel Aze, arboriculteur dans le Lot-et-Garonne, est un des auteurs du livre collectif de l’Atelier Paysan, qui se termine par : « Il nous reste à nous rassembler, à nous lever » pour Reprendre la terre aux machines, titre de l’ouvrage.
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28 mars 2022

28 mars 1871 : « Au nom du peuple, la Commune est proclamée ! Un seul cri répond, fait de toute la vie de deux cent mille poitrines : Vive la Commune ! ».
Deux mois plus tard, la « Semaine sanglante » écrase la révolution communaliste. Ceux qui purent se cacher et s’enfuir prirent le chemin de l’exil, en Grande-Bretagne, Belgique, Suisse...
Parmi eux, l’éditeur Maurice Lachâtre échange des lettres avec certains exilés. Elles reflètent leurs espoirs et leur combat contre l’oubli et l’injustice. Notre invité, l’historien François Gaudin, a réussi à rassembler la correspondance d’une vingtaine d’entre eux, tels Jean-Baptiste Clément, Charles Longuet, Maxime Wuillaume... dans son livre L’exil des Communards – Lettres inédites.
En 1894, Maurice Lachâtre commence le premières livraisons de son Dictionnaire-journal. Le militant anarchiste André Girard, collaborateur de Jean Grave, Sébastien Faure, des journaux de la CGT La vie ouvrière, La Bataille syndicaliste, y prend une place importante : il rédige de nombreux textes, présentés aujourd’hui par François Gaudin et Françoise Guerard et regroupés dans des notices telles Anarchie, Grève générale, Religion, Salariat... du livre Dictionnaire de l’anarchie. Il permet de mieux connaître les idées émancipatrices de la fin du XIXè siècle et les échos qu’elles ont encore aujourd’hui.
François Gaudin est aussi l’auteur de Michel Morphy (1863-1928) – de l’anarchie au roman rose.
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21 mars 2022

« Il est réunionnais jusqu’au bout des ongles, marseillais de toutes les couleurs, catalan du nord et du sud », « c’est un prince de l’art brut, l’art de la récup, l’art de la sincérité, l’art de l’intelligence », disent de lui des proches d’André Robèr, poète, artiste, écrivain, éditeur, militant anarchiste.
Son enfance sur l’île est celle d’un « pov’ yab », faite de misère, de faim, d’absence d’éducation. À 19 ans « lou kité la mèr pou rofé la tèr » : heureusement « l’art m’a permis d’estomper cette souffrance due au déracinement».
Avec son « allure de baba cool surmonté d’une crinière à la kanak », il fait de nombreuses rencontres qui accompagnent son engagement artistique, social et politique, car « I fo un paké d’rèv pou-viv » : « dans le militantisme politique, le seul qui peut aider est l’individualisme anarchiste qui donne à l’homme les moyens d’être, d’exister en tant que créateur ».
Il accompagne l’aventure de Radio Libertaire : « C’est dans ces studios que j’ai le plus appris sur l’art en recevant artistes, critiques d’art... ».
Dans « El Taller », son atelier actuel d’Ille sur Têt, près de Perpignan, il organise des festivals de poésie, tel « L’Illa dels poetes », des expositions, des fêtes où le créole, « langue bafouée, langue ignorée » reprend vie, stimulée par les odeurs de diverses épices et par le « Rhum arrangé » de ce « cuisinier fraternel et affectueux ». Dans ce lieu très accueillant, on peut s’initier au créole réunionnais en feuilletant de nombreux textes, en écoutant des CD, de ses Éditions K ’A.
André Robèr, « devenu rebelle par perception de l’injustice », a réussi à « être l’alchimiste de son existence ».
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14 mars 2022

James Guillaume (1844-1916), pédagogue anarchiste, penseur internationaliste anti-autoritaire, est connu par sa collaboration avec Michel Bakounine et pour son livre L’Internationale. Documents et Souvenirs (1864-1878).
En 1876, il publie Idées sur l’organisation sociale, qui propose divers axes de transformation vers une société égalitaire et libertaire, l’éducation en étant un élément essentiel. Les principes qu’il évoque annoncent diverses expérimentations (Paul Robin, Francisco Ferrer, Sébastien Faure...) et restent totalement d’actualité encore aujourd’hui.
En 1878, il quitte la Suisse pour s’installer en France. Il participe dans les milieux libertaires et républicains aux échanges sur l’émancipation, qui vont jouer un rôle pendant la mise en place de l’école primaire gratuite, laïque et obligatoire, notamment autour de l’abandon de l’éducation religieuse et dogmatique, du respect de la liberté et de la volonté de l’enfant, de l’éducation intégrale du corps et de l’esprit, de la mixité...
Il écrit de nombreux articles pour le Dictionnaire de pédagogie et d’instruction primaire qu’il coordonne avec son ami Ferdinand Buisson, nommé à la direction de l’enseignement primaire.
Mais l’école de Jules Ferry va substituer le dogme de l’État au dogme de l’Église, ce que dénonce la CGT syndicaliste-révolutionnaire, dont James Guillaume était très proche, dans son Congrès de Lyon en 1919.
L’éducation peut préparer le changement social, mais l’application complète des propositions libertaires en ce domaine ne semble possible qu’après la mise en place d’une autre société.

Pour échanger sur tous ces points, nous recevons Frank Mintz des Éditions Noir&Rouge, qui viennent de publier James Guillaume – L’émancipation par les savoirs, actes du colloque du même nom. Celui-ci a été organisé à Genève par Jean-Charles Buttier, qui sera aussi dans le studio, accompagné par Hugues Lenoir, militant de la Fédération anarchiste, auteur de la contribution James Guillaume – Pionnier d’une pédagogie émancipatrice.
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07 mars 2022

Revue de Détail... des revues.
Le « Salon de la Revue » s’est tenu à Paris les 16 et 17 octobre derniers. Ce salon était l’occasion, en parcourant les allées étroites de l’Espace des Blancs-Manteaux de constater l’extraordinaire diversité, l’extrême vivacité et la très grande qualité de l’édition des Revues. Venues de la région parisienne comme des quatre coins de la France, ce sont plus de 100 revues qui se côtoyaient sans toujours se connaître.
Devant tant alléchantes propositions littéraires et graphiques, Trous Noirs a donc souhaité accueillir quelques revues qui nous parlent. Notre choix s’est porté, de manière personnelle et affinitaire, sur trois revues dont les initiateurs ne se connaissent pas forcément, mais ont beaucoup à se dire.
Avec nous dans les studios de Radio libertaire :
Joël Cornuault pour Des Pays Habitables,
Raphaël Romnée pour Fragments,
Cédric Biagini pour Brasero.
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28 février 2022

2 mars 1974 : le militant anarchiste Salvador Puig Antich est exécuté par « garrot vil » à la Cárcel Modelo de Barcelone, à l’âge de 25 ans.
L’Espagne vivait encore sous la dictature franquiste, mais commençait à se dessiner un revirement de l’appareil d’État vers la « transition », forme de démocratie capitaliste néolibérale à laquelle participera la pseudo-gauche politique. La mort de Franco, quelques dix-huit mois plus tard, en permettra la mise en place, notamment avec le Pacte de la Moncloa en 1977 : encadrement du mouvement ouvrier et silence sur les crimes commis de 1936 à 1975. Cela servira de modèle pour l’après-Pinochet au Chili en 1990 et dans l’ex-URSS après 1992.
Au début des années 1970 une nouvelle génération, au courant des luttes en cours dans divers pays dont celle de Mai 68 en France, espérait participer concrètement à un changement révolutionnaire de la société espagnole : « Les objectifs globaux de la lutte (destruction du processus de production capitaliste) sont déjà présents dans les luttes concrètes », Salvador Puig Antich.
Les conflits dans les usines étaient très durement réprimés, faisant parfois des victimes tuées par balle. Des Groupes autonomes de combat (GAC) , tels le Mouvement ibérique de libération (MIL) et l’Organisation de lutte armée (OLLA) se créaient pour « soutenir les noyaux ouvriers en lutte ».
Cette période, occultée ou déformée par les gérants actuels du capitalisme, est parfaitement évoquée dans le livre en catalan de Ricard de Vargas Golarons, édité à l’occasion du 45ème anniversaire de la mort de Salvador.
Son importance historique a motivé les Éditions du Monde Libertaire et les Éditions Noir & Rouge à le publier en français sous le titre Salvador Puig Antich – Guérilla anticapitaliste contre le franquisme.
Nous recevons Frank Mintz et Ramón Pino, deux des traducteurs.
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21 février 2022

Ayant commencé à émettre le 1er septembre 1981, les 12 et 13 mars prochains, la radio ”sans Dieu, ni maître” fêtera ses 40 ans :
« Radio de la voix sans maître, elle prétend exprimer, d’un point de vue libertaire, les réactions aux activités multiformes de l’humanité, de la guerre sociale à la chanson, du cinéma à la presse, du théâtre à la vie quotidienne...  », André Laude, Les nouvelles littéraires, février 1982

Signe de sa vitalité, de nombreuses nouvelles émissions démarrent sur Radio Libertaire. Cinq d’entre elles seront dans les studios :
Dépêchez-vous de rester jeune - Ovni radiophonique sociétal et culturel
Au menu, rdv culturel, fausses pubs, sujets sociétaux, information détournée, feuilletons radiophoniques, reportages improbables. La maison Libertaire vous souhaite un joyeux appétit !
Au fil des pages - Le goût de lire, la passion du livre
Son thème central : le livre et la lecture. Les livres commentés, les textes lus sont en lien avec les idées libertaires et les luttes sociales. La porte du studio est aussi ouverte à des éditeurs, des auteurs, des témoins du livre.
Le chiffon rat-dote - Le podcast du journal Le Chiffon, journal parisien, critique et indépendant
On y parle de résistances parisiennes à tous types de projets inutiles, de cultures souterraines et méconnues ou d’idées lumineuses.
Les muses s’amusent : 102 musées ! Des monuments en veux-tu en voilà ! Des expositions presque aussi nombreuses que les mensonges de nos gouvernants ! Les Muses s’amusent parlent d’art et d’histoire, avec lucidité et donc avec cruauté, et même, espérons-le, un peu d’humour.
Le proton se rebiffe La science, c’est compliqué, c’est difficile, mais c’est indispensable.
Le Proton ne se privera pas de parler de beaucoup de choses, à la seule condition que celles-ci agitent nos neurones autant qu’un proton en goguette dans un cyclotron.
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14 février 2022

Roumanie : Mélange de nombreuses populations d’origines très variées (une vingtaine de minorités ethniques reconnues), les trois entités territoriales de cette région des Balkans ont subi de nombreux envahisseurs venant de tous horizons (est, ouest, sud et nord). L’empire ottoman, la Hongrie, la Bulgarie, la Russie, l’Allemagne y ont étendu leur influence selon les périodes.
En 1940, la Wermacht occupe le pays sous la dictature d’Antonescu, le parti fascisant de la Garde de fer assassine opposants politiques et juifs. En 1944, l’armée rouge permet la mise en place d’un régime communiste, imposant la croyance que « la lumière vient de l’Est ».
En décembre 1989, l’exécution du « conducator » Ceausescu amène au pouvoir ceux pour qui « la lumière vient de l’Ouest », souvent des ex-communistes ralliés au libéralisme.
Aujourd’hui la Roumanie, pauvre et déshéritée, a adhéré à l’OTAN et appartient à l’Union européenne. Dégouté du capitalisme d’État, victime du néolibéralisme triomphant, abreuvé d’une historiographie manichéenne, ce peuple trouvera-t-il les forces pour se révolter, alors que 3 millions ont quitté le pays et qu’une partie détourne leur colère contre certaines minorités et contre les émigrants fuyant les guerres au Moyen-Orient ?
Notre invité, Nicolas Trifon, qualifié de « social-hippie » par le régime stalinien roumain, avait réussi à fuir en France en 1977, où il anima Iztok, revue libertaire sur les pays de l’Est, dont certains textes, traduits en roumain, polonais, hongrois, bulgare ont contribué à diffuser la pensée anarchiste à l’Est. Son récent livre Oublier Cioran & Cie présente des chroniques roumaines, parues dans Le courrier des Balkans, qui apportent des informations et analyses dans de nombreux domaines : social, politique, économique et culturel.
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07 février 2022

Le capitalisme industriel est à la recherche permanente d’innovations, nouvelles ressources, nouvelles marchandises, nouveaux processus de travail, sources de nouvelles sources de profit.
Les responsables des « dégâts du Progrès », de plus en plus visibles pour les êtres vivants et la planète, nous assurent que ces problèmes vont être résolus grâce à la science et à la technique.
Les NBIC (nanotechnologies, biotechnologies, sciences de l’information, sciences de la cognition) nous ouvrent une voie radieuse vers une « Nouvelle Renaissance », surfant sur une croissance verte garantie par le « Green New Deal » et le « Pacte Vert Européen ».
La mise en place d’une bio-économie et d’une « finance verte » va en réalité permettre d’extraire encore plus de valeur du « capital naturel », notamment en quantifiant les « services écosystémiques ».
Le capitalisme vert est un moyen pour les industriels et leur complices étatiques, politiques, scientifiques et médiatiques, de renforcer le modèle économique et social dominant.
Nous recevons Hélène Tordjman pour son ouvrage La croissance verte contre la nature – Critique de l’écologie marchande.
L’association Technologos, à laquelle elle appartient, nous interroge :
« Maîtrisons-nous nos techniques ou en sommes-nous les esclaves ? ».
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31 janvier 2022

Amiante, un siècle de pandémie capitaliste : aujourd’hui 100 000 morts dans le monde par an, dont 3 000 en France, qui devraient probablement atteindre 200 000 à la fin de ce fléau dans notre pays.
Le premier décès attribué à cette fibre, découverte au Canada en 1976, date de 1899 : des documents de plus en plus nombreux dans le monde alertent ensuite sur sa nocivité, depuis celui de l’inspecteur du travail Denis Auribault en 1906.
Au début des années 1960, une conférence internationale publie le répertoire de toutes les pathologies (fibroses, cancers...), même à faible dose. Mais l’amiante ne sera interdit en France qu’en 1997 : entre-temps le lobby international de l’« or blanc » a pu continuer à engranger d’énormes profits, grâce à des activités de lobbying auprès des pouvoirs publics, de scientifiques et de médias.
Cet énorme scandale planétaire qui continue, puisque certains pays ne l’ont pas interdit, est complété par un scandale judiciaire : les nombreuses poursuites pénales engagées en France par les victimes et leurs familles ont jusqu’ici débouché sur des non-lieux, la puissance financière, politique et judiciaire se moquant de la mort de gens ordinaires.
En première heure, nous recevons dans notre studio Michel Parigot, qui a notamment accompagné des associations de victimes dans différents procès.
Dans la seconde partie de l’émission seront rediffusés des extraits de témoignages sur le procès de Turin et sur une victime qui a eu la malchance d’habiter près d’une usine traitant l’amiante.
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24 janvier 2022

Jean-Marc Royer, déjà reçu dans notre émission Trous noirs pour son livre Le monde comme projet Manhattan – Des laboratoires du nucléaire à  la guerre généralisée au vivant, estime que nous vivons « un moment historique déterminant » car le futur immédiat du néolibéralisme est le « totalitarisme démocratique ».
Ainsi, se met en place une surveillance panoptique de nos existences, facilitée par l’usage d’internet transformant des individus en zombies numériques.
L’État donne de plus en plus de moyens à son appareil régalien, aidé par les nouvelles technologies (reconnaissance faciale, drones, Intelligence artificielle).
La civilisation capitaliste, portée par la triple alliance des États-nations, des grandes industries et des innovations scientifiques, veut nous faire accepter aujourd’hui de tout quantifier, de nous en remettre à des algorithmes, ainsi que le souhaitait Neil Postman : « Ce qui ne peut se mesurer ou bien n’existe pas ou n’a aucune valeur ; les experts sont les mieux placés pour diriger et gérer les affaires des citoyens ».
Tous espoir de révolte a-t-il disparu de notre imaginaire ? Jean-Marc Royer a un « code d’accès » pour y accéder : 1793 1848 1871 1936 1968
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17 janvier 2022

Apocalypse now ? Les collapsologues sont-ils les nouveaux millénaristes ?
Qui sera épargné, les plus « croyants » en la résilience individuelle, les « hommes augmentés » du survivalisme ?
Le capitalisme survivra-t-il, après avoir auparavant contredit la téléologie marxiste qui prédisait son effondrement inéluctable ? Faut-il continuer à s’organiser collectivement pour le faire disparaître, entraînant dans sa chute exploitation et aliénation ?
Dans la situation environnementale actuelle très préoccupante (pollutions, espèces menacées, impacts climatiques...), le capitalisme semble verdir, mais par greenwashing, non par peur.
Quels sont les enjeux économiques, géopolitiques et scientifiques de discours qui ont des relais médiatiques et politiques de plus en plus larges ?
Notre invité Philippe Pelletier, géographe anarchiste, aborde toute ces questions dans son livre Effondrement & capitalisme vert – La collapsologie en questions.
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10 janvier 2022

Philippe Billard, décontaminateur dans les centrales nucléaires, Jean-Marie Birbès, militant syndical à Eternit (amiante), Josette Roudaire, ouvrière de l’usine Amisol (tissage amiante), Henri Ayoul, ouvrier sur les chantiers navals, Paul François, paysan victime de Monsanto (pesticides), quelques exemples de ceux qui se sont rebellés contre leurs conditions de travail qui mettaient en danger leur santé et celle de leurs collègues.
Annie Thébaud-Mony fait partie des quelques-uns qui les ont accompagnés dans leurs luttes et leur prise de conscience de la nécessité d’un autre choix de société.
Sociologue de la santé et du travail, elle s’est investie depuis longtemps pour soutenir individus, collectifs, structures syndicales de base, à travers divers collectifs, « Risques et maladies professionnelles », « Association Henri Pézerat », « Groupement d’intérêt scientifique sur les cancers d’origine professionnelle ».
Elle affirme que « le droit à la santé est un droit à l’insubordination », qu’il est nécessaire de transformer les rapports de pouvoir à l’intérieur du travail et de la société :
« Reprendre la main sur son propre travail, c’est déjà commencer à reprendre la main sur le monde ».
Nous la recevons pour parler de son dernier livre Politiques assassines et lutte pour la santé au travail.
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03 janvier 2022

Rediffusion de l’émission du 20 septembre 2021 :
« Une centrale nucléaire est un monstre, qui crache en permanence son haleine mortelle, ses humeurs, à l’air libre, dans l’océan comme dans le sol… Elle est maudite dans la terre, dans le ciel et dans la mer. Les morts de Fukushima ne sont plus des morts : ce sont des déchets nucléaires ».
Ces mots sont de Michaël Ferrier, écrivain résidant à Tokyo qui, le 11 mars 2011, avait décidé de se rendre dans la région sinistrée et en avait ramené Fukushima, récit d’un désastre.
« J’ai débarqué au Japon le 10 mars. J’ai vécu une semaine sur place, à Tokyo, au moment du séisme, du tsunami et de l’explosion de la centrale. J’ai réalisé que les voix des témoins, des victimes, étaient beaucoup plus fortes que ma subjectivité personnelle. Depuis le 11 mars, je ne peux plus vivre sans penser à Fukushima ! »
Ces paroles appartiennent à Kenichi Watanabe, réalisateur qui, par la suite, a réalisé trois documentaires pour « dénoncer le monde nucléaire » : Le monde après Fukushima ; Terres nucléaires, une histoire du plutonium ; Notre ami l’atome, un siècle de radioactivité.
Dans notre studio Michaël Ferrier, auteur des commentaires de ces trois films, à l’occasion de la sortie de Notre ami l’atome qui en reprend une version plus complète avec de nombreux passages inédits, livre agrémenté de nombreuses photographies.
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27 décembre 2021

En cette période de consommation débridée, nous vous proposons de ré-écouter l’émission du 3 juillet 2017 :
Les scandales liés aux élevages industriels se multiplient, que ce soit pendant la vie des animaux ou pour leur abattage. Mais les réactions face à la souffrance animale ne doivent pas faire oublier lʼexistence de nombreux petits élevages agro-écologiques. Enregistrés au salon Marjolaine, trois intervenants témoignent de lʼimportance dʼune coexistence enrichissante pour les humains et les animaux : Simon Carraz, éleveur bio, Jocelyne Porcher, sociologue, auteur de Manifeste pour une mort digne des animaux, Caroline Brousseau, présidente de lʼ« Association en faveur de lʼabattage des animaux dans la dignité ».
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20 décembre 2021

Au XXIè siècle le Vert est très à la mode, et le préfixe « éco » enrichit de nombreux mots, mais les significations du terme « écolo » sont multiples, renvoyant à un mode de vie (respect de la nature, frugalité), à une aspiration métaphysique (sauver la planète), à un courant politique (écologisme), à une discipline scientifique (écologie)...
Le capitalisme, lui-aussi planétaire, est expert en greenwashing, tout en espérant que l’adjectif « durable » s’applique à la pérennisation du profit et de l’exploitation.
Pour bien comprendre l’enjeu actuel, il est essentiel de porter un regard historique sur ceux qui se sont intéressés aux rapports homme-nature, en les resituant dans leur milieu et leur époque :
Haeckel social-darwiniste, considéré comme le fondateur de l’écologie, David Thoreau naturaliste calviniste, prophète de l’état sauvage, Élisée Reclus géographe qui se réfère à la mésologie (science des milieux), Rachel Carson biologiste, alertant sur un avenir apocalyptique, Murray Bookchin, partisan de l’écologie sociale...
Nous recevons Philippe Pelletier, géographe anarchiste, qui nous aide à comprendre les motivations et les écrits de ceux qui ont accompagné les préoccupations environnementales pendant près de deux siècles, dans un indispensable ouvrage : Le Puritanisme vert – Aux origines de l’écologisme.
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13 décembre 2021

Pologne, nuit du 12 au 13 décembre 1981 :
après avoir prévenu les États-Unis, le général Jaruzelski proclame la loi martiale et crée le « Conseil militaire de salut national » qui peut « exécuter toute personne qui s’oppose à ses décisions ou trouble l’ordre public, en le traduisant devant les tribunaux militaires ».
14 décembre :
« Les événements en Pologne ont démontré que c’est le parti qui est la meilleure forme de l’organisation de la classe ouvrière. L’histoire de notre pays a confirmé l’absurdité et l’impuissance de l’anarcho-syndicalisme ainsi que de leur conception selon laquelle les syndicats ouvriers peuvent remplacer l’appareil d’État », La Pravda.
Les dirigeants des pays de l’Est tenaient absolument à refermer une brèche de l’Histoire qui risquait d’inspirer les travailleurs d’autres pays de l’Est, voire au-delà. Il y avait urgence car Solidarność, qui organisait 10 millions de personnes sur 35 millions d’habitants, venait de confirmer dans le Congrès de Gdansk le très net succès du courant radical autogestionnaire, constitué par les délégués des grandes entreprises, sur les éléments conciliateurs appuyés par l’Église :
→ « Adresse à tous les travailleurs de l’Est », encourageant tous les peuples de l’Union soviétique à créer de syndicats indépendants,
→ « Programme pour une République autogérée », sortant totalement la vie économique et politiques du contrôle de l’État et du Parti, la mise en pratique de l’autogestion démarrant immédiatement dans deux régions :
« Ce n’est pas le document d’un syndicat, mais le manifeste d’un parti politique qui réclame la direction de la société et du pays », Agence Tass.
« Il est de l’intérêt de la nation et de la Pologne indépendante de maîtriser les fous politiques », POUP (Parti communiste polonais).
Pour rappeler la réalité de cet immense mouvement social qui a affolé les dirigeants des deux côtés du rideau de fer, nous recevons Nicolas Trifon qui, à l’époque, a séjourné en Pologne et animait Iztok, revue libertaire sur les pays de l’Est.
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06 décembre 2021

Dans son livre A.S. 848 : un numéro dans une case, Frédéric Pussé nous avait fait partager son regard sur le monde du travail et sur la société actuelle. Cette fois c’est dans Quelques nouvelles des enfants de Lorraine et de Bretagne qu’il nous fait vivre les aventures de jeunes, d’âges et de milieux divers, confrontés à des adultes pas toujours bienveillants. Bien décidés à se faire un chemin vers leur émancipation, ils ne plient pas et s’insurgent contre les injustices, croisant à l’occasion des compagnons anarchistes.
Il sera parmi nous avec plusieurs membres du groupe de Metz de la Fédération anarchiste qui nous parleront des pratiques et espoirs libertaires en Lorraine.
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